ChariTea, les thés glacés solidaires

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Quand entrepreneuriat social rime avec développement commercial, on pense au projet ChariTea & Lemonaid créé par de jeunes entrepreneurs il y a près de 8 ans en Allemagne. Ces boissons sont commercialisées depuis 2015 en France et notamment chez DADA Biocoop.

Des boissons originales et rafraichissantes

charitea-mateLes thés glacés sont naturellement rafraîchissants et sucrés à l’aide de sirop d’agave et de miel biologique. Ils sont également sans édulcorants, conservateurs ou arômes artificiels. Quatre recettes sont proposées : ChariTea rouge (infusion de Rooibos 91%, sirop d’agave, jus de fruit de la passion 4%, jus de baie de sureau), ChariTea vert (infusion de thé vert et de gingembre 94%, sirop d’agave, jus de citron 3%), ChariTea noir (infusion de thé noir 93%, sirop d’agave, jus de citron 3 %) et ChariTea maté (infusion gazéifiée de maté et de thé noir 92%, sirop d’agave, jus d’orange 3%, jus de citron 3%).

Des limonades sont également commercialisées sous le marque Lemonaid, on y trouve trois délicieuses recettes : citron vert, orange sanguine et fruit de la passion.

Idéales pour une pause détente ou en accompagnement de votre déjeuner : les boissons ChariTea sont Saines, Rafraichissantes et Bio !

Pourquoi avez-vous commencé ChariTea ? « C’est assez simple : nous voulions jouer notre rôle dans la création d’un monde plus juste grâce à un produit Equitable qui soutient des initiatives sociales dans les pays du Sud servant directement les agriculteurs. Évidemment, nous ne voulons pas que vous buviez nos thés simplement parce qu’ils sont pour une bonne cause, mais aussi parce qu’ils ont un goût fantastique. »

Le sens du projet

Paul Bethke a eu l’idée de l’entreprise il y a près d’une décennie. Il était préoccupé dès le départ par le fait de créer une meilleure aide au développement. Il avait vécu lors de son adolescence plusieurs années au Sri Lanka et il a été confronté à la misère sociale. Parce qu’il voulait comprendre les relations économiques mondiales qui conduisent à la répartition inéquitable de la richesse et à la pauvreté, il a étudié l’économie à Edimbourg, Lüneburg et Paris. Après l’obtention du diplôme, en 2005, il a été embauché par la Société allemande de coopération technique (GTZ), une organisation d’aide au développent des pays du Sud. Bethke devait, un an après la catastrophe du tsunami, aider dans la reconstruction du Sri Lanka. Mais après quelques mois, il a annoncé qu’il était mécontent de la façon dont l’argent était utilisé par GTZ. Les gaspillages sont nombreux. Certains employés voyageaient par exemple en classe affaire. Ou alors, les consultants employés étaient souvent très coûteux et ne connaissaient pas réellement la situation dans le pays.

C’est de ce constat qu’est né l’idée de Paul Bethke de créer une société commerciale qui va pouvoir financer de manière autonome des projets sociaux dans les pays du Sud. « Je ne suis pas un vendeur de limonade » dit Bethke. « L’idée de développement social dans les pays du Sud est venue en premier et les ventes de boissons permettent d’œuvrer à cette idée. »

Il a fait un calcul assez simple : s’il réussissait à créer un produit attrayant et bon, alors c’était gagné ! Il a appelé en 2008, son vieil ami d’école Jakob Berndt (35 ans), qui travaillait pour une agence de publicité. Le déclic fut rapide et son ami fut enthousiasmé par le projet. Très vite, un autre ami, Felix Langguth (36 ans) les a rejoint.

charitea-la-gammeLe concept d’entreprise culinaire a été inspiré par les Voyages de Paul : sodas avec du vrai jus de fruits et du thé glacé fraîchement infusé. Il en avait bu au Sri Lanka. C’est ce goût authentique que le trio a voulu apporter à l’Allemagne : un mode de vie moderne, de plaisir dans lequel de bonnes actions se combinent.

Dans leur cuisine personnelle, ils ont expérimenté des recettes de sodas et de thés glacés à base de jus de fruits frais et de thé de qualité. Si possible, – faible teneur en sucre et tout bio – ces principes devaient assurer dès le début le bon goût des produits.

Ils avaient l’habitude de faire eux-mêmes leur limonade à partir de citron vert pressé, de sucre de canne et d’eau pétillante pour les soirées entre amis. Il s’est avéré que leur limonade – faite maison – était délicieuse et très appréciée de leurs amis.

Conscient de l’importance du look de leurs produits, ils ont fait appel à une agence de pub suédoise et le pari fut réussi : de belles bouteilles bulbeuses, très bien conçues, attractives et stylées. Les clients ont très vite été séduits par leurs produits bien travaillés qui allient la fraîcheur et la conscience sociale et environnementale et qui sont prêts à payer ces quelques centimes qui font la différence.

boire-aideMais le bon goût et la conception des produits ne devaient pas être la finalité, le but ultime étant la mission sociale. Ainsi, ils ont imaginé à travers les mots comment honorer et mettre en avant cette mission sociale. Par des jeux de mots, ils ont créé les deux marques : LemonAid+ (la limonade aide) et ChariTea (le thé de la charité). De plus, les slogans de l’entreprise reprennent abondamment ses mots clés pour mettre en avant le projet social. En allemand « Trinken hilft », traduit littéralement : « boire aide ».

Pour lancer les produits, le trio a exploré le marché des boissons gazeuses et a cherché spécifiquement des créneaux porteurs. Ils ont développé un design jeune et rafraîchi ainsi qu’un marketing moderne. Pour lancer leur projet, ils avaient quitté leurs emplois bien rémunérés et ils vivaient sur leurs économies. Ils ont privilégié des dégustations chez les restaurateurs et les détaillants d’épicerie fine. Ces boissons ont rapidement séduit leurs premiers contacts. Les premières commandes ont été reçues avant même qu’une seule bouteille ne fut embouteillée. Ensuite, il a fallu trouver une entreprise qui était en mesure de traiter les ingrédients frais et les produits bio. Ce fut chose faite avec une entreprise familiale spécialisée dans l’embouteillage. Après neuf mois, un premier camion livra les 30 000 premières bouteilles, financé par un prêt de démarrage. « Le premier lot a été vendu au bout de quatre semaines. » Les boissons sont présentes en Allemagne sur la scène gastronomique, les festivals de musique et elles rafraîchissent même les stars de cinéma à la Berlinale et à Cannes. Au début de l’aventure, les fondateurs livraient eux-mêmes les premières cagettes de bouteilles à leurs clients, la société emploie aujourd’hui 55 salariés.

Les effets et le commerce équitable

Le calcul de départ semble fonctionner, l’entreprise a connu une croissance rapide au cours des dernières années. En 2014, Lemonaid a vendu 6,8 millions de bouteilles. Avec près de 350.000 d’euros, la fondation a fourni une assistance, notamment une crèche au Paraguay et une école professionnelle au Sri Lanka. Ils n’hésitent pas à dépenser pour leurs matières premières jusqu’à quatre fois le prix du marché mondial. Plusieurs petites coopératives d’agriculteurs en bénéficient.

« Nous soutenons le commerce équitable. Nous payons des prix plus élevés pour nos matières premières, favorisant ainsi une agriculture décente équitable. Avec les primes du commerce équitable, les agriculteurs peuvent améliorer localement leurs conditions de vie et mettre en œuvre des projets de bienfaisance au sein de leurs communautés.

Nos limonades et thés glacés sont toutes certifiées Fairtrade. Mais nous ne comptons pas uniquement sur ce label international. Nous voulons savoir exactement où les ingrédients sont produits et quelles histoires se trouvent derrière eux. Chaque année, nous voyageons dans les régions de culture afin de connaître les agriculteurs et leurs conditions de vie et de travail. »

La question du Commerce équitable reste tout de même complexe. D’un côté, il y a le label Fairtrade. Le principe semble prometteur : les petits agriculteurs dans les pays pauvres des coopératives agricoles s’engagent à respecter certaines normes sociales et environnementales et de recevoir le certificat Fairtrade. Cela leur permet de vendre leurs produits à un prix stable, qui est fixé tous les deux ans et les amener à un revenu fiable et adéquat, même quand les prix sont bas sur le marché. En outre, les producteurs recevront une prime de dix pour cent pour la coopérative, servant à l’éducation ou aux soins médicaux.

La fondation au service des agriculteurs

De nombreux fabricants sont engagés dans le commerce équitable sans remettre en cause ce qui se trouve derrière le label. Lemonaid n’est pas l’un d’entre eux. Au moins une fois par an, Paul Bethke, Jakob Berndt et Felix Langguth vont visiter leurs fournisseurs.

Le thé vert, par exemple, vient d’une plantation au Sri Lanka – « une pièce maîtresse », comme dit Bethke. Trente agriculteurs y opèrent en agriculture biodynamique et sont également certifiés par Demeter. Avec l’argent de la prime Fairtrade, ils ont construit une maison de retraite et un jardin d’enfants. Et les cueilleurs de thé qu’ils emploient vivent dans leur propre maison plutôt que dans les bâtiments dortoirs. Il nous dit que les conditions de travail et les conditions de vie sont largement meilleurs que celles des ouvriers travaillant en agriculture conventionnelle.

Le projet de Paul va plus loin que le label Fairtraide du commerce équitable. A partir de chaque bouteille vendue, cinq centimes sont versés pour des projets solidaires. Au total déjà plus d’un million d’euros ont été rassemblés depuis 2009. Ainsi, c’est l’association/fondation à but non lucratif « Lemonaid & ChariTea e. V » qui gère et finance ses propres projets d’aide au sein des communautés des coopératives d’où sont issus les ingrédients des thés glacés et limonades : alimentation en énergie solaire, construction d’écoles, etc.

Ils sont conscients que tout n’est pas parfait car la question du commerce équitable reste complexe. Mais leur conviction reste forte envers le commerce équitable. Ainsi, ils continuent à soutenir des projets locaux, au service des petits agriculteurs grâce à leur fondation.

Les fondateurs

Les fondateurs

www.charitea.com

La bio selon biocoop